Des occasions dans un contexte de volatilité prolongée : analyse de Denise Chisholm – 13 août 2026

Des occasions dans un contexte de volatilité prolongée : analyse de Denise Chisholm – 13 août 2026

Les plus récentes données de l’indice des prix à la consommation (IPC) montrent que l’inflation globale s’établit à 3,4 %, maintenant les pressions sur les prix au premier plan. Pourtant, selon Denise Chisholm, directrice en chef, Stratégie de marché quantitative chez Fidelity, la caractéristique déterminante du cycle actuel du marché pourrait ne pas être l’inflation elle-même, mais la persistance inhabituelle de la volatilité. Bien que les fluctuations du marché aient mis la patience des investisseurs à l’épreuve, Mme Chisholm a noté que l’histoire offre une perspective plus constructive. Elle a également indiqué que certaines mesures de l’inflation sous-jacente pourraient être plus alignées sur la cible de la Réserve fédérale américaine (la Fed) que les données générales ne le suggèrent. Cette situation met l’accent sur un autre enjeu : le ralentissement de la croissance des salaires.

 

Voici quelques points à retenir de son analyse.  

Au-delà des chiffres de l’inflation globale

Les mesures de l’inflation globale demeurent élevées, mais les tendances sous-jacentes semblent plus modérées. L’indice des prix à la consommation (IPC) et l’indice des prix à la production (IPP) alimentent tous deux le déflateur des dépenses personnelles de consommation (DPC), la mesure d’inflation privilégiée par la Fed. En se basant sur les données récentes, Mme Chisholm estime que les DPC de base s’établissent actuellement à environ 2,5 % sur une base annualisée. Même si ce taux demeure au-dessus de la cible de 2 % de la Fed, elle a indiqué que la tendance ralentit et qu’elle montre peu de signes d’une répercussion généralisée de la hausse des prix. Elle a également souligné le rôle des coûts liés au logement dans le calcul de l’inflation. Selon elle, les mesures qui excluent ce type de coûts se rapprochent davantage de la cible de la Fed. En effet, l’IPC de base excluant le logement est actuellement inférieur à 2 %. Par conséquent, différentes mesures de l’inflation pourraient présenter un portrait plus nuancé que les chiffres généraux à eux seuls.

Pourquoi les changements apportés au calcul des DPC sont importants

Au-delà des plus récentes données sur l’inflation, Mme Chisholm a souligné des changements méthodologiques à venir qui pourraient influencer la façon dont l’inflation est mesurée. Par le passé, l’IPC avait tendance à dépasser d’environ 50 points de base le déflateur des DPC. Ce cycle a été inhabituel parce que cette relation s’est inversée. Deux composantes ont contribué à ce changement : les frais de gestion de portefeuille et le prix des logiciels. Les frais de gestion de portefeuille, qui sont liés au rendement du marché boursier, ont eu une influence significative sur les données récentes des DPC. Mme Chisholm a souligné qu’environ la moitié de la hausse mensuelle prévue des DPC est attribuable à ces frais plutôt qu’à des pressions inflationnistes généralisées. Parallèlement, la composante portant sur le prix des logiciels, qui s’appuie sur un échantillon d’IPC relativement restreint, est en cours de révision à l’aide d’un ensemble de données plus vaste. Ces mises à jour de la méthodologie pourraient réduire le taux des DPC de base d’environ 0,2 à 0,4 point de pourcentage sur douze mois. Mme Chisholm a fait remarquer que, dans ce scénario, le taux des DPC de base pourrait se rapprocher de la fourchette cible de la Fed.

Le défi pour les consommateurs pourrait être la croissance des salaires

Bien que l’inflation demeure une préoccupation pour les ménages, le ralentissement de la croissance des salaires pourrait être un problème plus important pour les consommateurs. La croissance des salaires nominaux continue de ralentir dans tous les groupes de revenu et selon plusieurs indicateurs, y compris la rémunération horaire moyenne et l’indice des coûts salariaux. Selon Mme Chisholm, cela laisse entendre que ce qui est souvent décrit comme un marché de l’emploi tendu ne se traduit pas par une croissance plus forte des salaires. Si l’inflation sous-jacente continue de ralentir, la croissance du revenu réel dépendra de plus en plus de l’amélioration de la croissance des salaires. Mme Chisholm a d’ailleurs noté que plusieurs indicateurs avancés pointent vers des conditions susceptibles de soutenir une croissance plus forte des salaires au fil du temps.

Ce que la volatilité peut nous apprendre

La volatilité des marchés a été une caractéristique déterminante au cours des dernières années. Mme Chisholm a mesuré la volatilité à l’aide de l’écart-type des rendements mensuels au cours d’un trimestre, une méthode qu’elle a décrite comme une façon de refléter les fluctuations habituelles observées dans les portefeuilles du public investisseur. Les données récentes ont atteint des niveaux figurant dans le décile supérieur de l’historique et, à certains moments, parmi les 2 % les plus élevées. Toutefois, ce qui ressort le plus n’est pas l’ampleur de la volatilité, mais sa durée. Au cours des trois dernières années, les marchés sont revenus à plusieurs reprises à des niveaux élevés de volatilité, donnant lieu à l’une des plus longues périodes de turbulence jamais observées. Malgré l’inconfort que la volatilité peut créer, Mme Chisholm a souligné qu’un modèle historique se dégage. Par le passé, les périodes de volatilité élevée ont été associées à des probabilités plus élevées de rendement positif du marché au cours des 12 mois suivants. À son avis, la volatilité fait partie des compromis dans la quête de rendements boursiers à long terme. Elle estime que la volatilité élevée est un signal positif plutôt que négatif pour le public investisseur qui privilégie le rendement total. Pour ceux et celles qui recherchent une expérience de placement plus fluide, elle a noté que les stratégies basées sur les solutions peuvent offrir un moyen de réduire la volatilité, mais généralement au prix d’un potentiel de rendement moindre.

Approche différente de celle de la Fed

Les marchés se sont également ajustés aux changements de la direction au sein de la Fed. L’histoire montre que la première année sous la direction d’un nouveau président de la Fed s’accompagne souvent d’une volatilité accrue des marchés obligataires. Les marchés mettent fréquemment les nouveaux dirigeants à l’épreuve, et ces périodes d’ajustement sont relativement courantes. Mme Chisholm se montre également moins préoccupée que certains observateurs des marchés par les changements de style de communication. En examinant les données historiques, elle a noté que les périodes durant lesquelles la Fed fournissait moins d’indications prospectives étaient associées à une volatilité accrue, mais pas nécessairement à des politiques moins efficaces. À son avis, les indications prospectives n’ont pas toujours démontré un fort pouvoir prédictif. À l’avenir, elle ne serait pas surprise de voir les décideurs accorder davantage d’importance à un éventail d’indicateurs de l’inflation plutôt qu’à une seule estimation ponctuelle. Compte tenu de la diversité des méthodes servant à mesurer l’inflation, elle a indiqué qu’une approche plus large fondée sur un ensemble d’indicateurs pourrait être un moyen utile d’évaluer les tendances inflationnistes.

Où se trouvent les occasions selon les secteurs

Secteurs les plus prometteurs – les technologies de l’information, les matériaux et l’industrie. Mme Chisholm continue de privilégier les secteurs sensibles à la conjoncture économique, les technologies de l’information demeurant son secteur le plus prometteur à la suite de la récente correction des titres liés aux semi-conducteurs et à l’intelligence artificielle. Les matériaux et l’industrie complètent ses trois principaux secteurs. Elle voit également des occasions dans les titres de consommation discrétionnaire liés au logement et demeure généralement optimiste à l’égard des produits financiers.

Secteurs les moins prometteurs – l’énergie, les services collectifs et les produits de première nécessité. Mme Chisholm demeure prudente à l’égard de ces secteurs, invoquant les perspectives risque-rendement de l’énergie et privilégiant les secteurs sensibles à la conjoncture économique plutôt que les secteurs plus défensifs du marché, dans un contexte qu’elle considère comme un cycle économique durable.

Conclusion : la patience comme alliée

Bien que les marchés continuent de composer avec les préoccupations liées à l’inflation, l’évolution des attentes de la Fed et une volatilité persistante, Mme Chisholm a souligné plusieurs thèmes qui influencent la conjoncture. Certaines mesures de l’inflation sous-jacente semblent plus proches de la cible que ne le laissent entendre les manchettes, tandis que la croissance des salaires demeure une variable clé à surveiller. Par le passé, les périodes de volatilité élevée ont souvent été associées à des probabilités plus élevées de rendement positif du marché au cours des 12 mois suivants.