Élargir son analyse du marché du travail au-delà des données sur l’emploi : analyse de Denise Chisholm – 9 juillet 2026

Élargir son analyse du marché du travail au-delà des données sur l’emploi : analyse de Denise Chisholm – 9 juillet 2026

Les récentes données sur l’emploi ont livré des signaux contrastés quant à l’économie américaine. Bien que les chiffres sur l’emploi aient suscité certaines préoccupations, Denise Chisholm, directrice en chef, Stratégie de marché quantitative chez Fidelity, estime qu’un ensemble plus large d’indicateurs peut offrir une lecture plus juste des tendances sous-jacentes.

 

Voici quelques points à retenir de son analyse.

Prendre en compte plus que les chiffres sur l’emploi

Les rapports sur l’emploi qui font les manchettes attirent souvent toute l’attention, mais notre experte nous met en garde contre le risque de tirer des conclusions à partir d’une seule publication de données. En commentant le rapport de juin sur les emplois non agricoles aux États-Unis, qui s’est avéré inférieur aux attentes, notre experte a souligné que ces données font souvent l’objet de révisions et peuvent être fortement influencées par des ajustements saisonniers, ce qui peut compliquer l’évaluation des véritables conditions sous-jacentes du marché du travail. Elle préconise plutôt une approche fondée sur différentes sources d’information, notamment les données sur l’emploi d’ADP, ainsi que les résultats des sondages et les mesures de l’Institute for Supply Management (« ISM »). Ces indicateurs permettent d’obtenir un portrait plus complet des tendances liées au marché du travail.

 

Des changements positifs en matière d’embauche

Les composantes de l’emploi tirées des sondages de l’ISM sur les secteurs de la fabrication et des services permettent de déterminer si les entreprises augmentent ou réduisent leurs effectifs de façon globale. Historiquement, ces données ont souvent fourni des renseignements sur les tendances futures en matière d’emploi. Or, après une période prolongée de contraction, ces deux indicateurs sont récemment passés en territoire d’expansion. Bien qu’il soit encore trop tôt pour déterminer si cette amélioration se maintiendra, Mme Chisholm estime que ces changements pourraient constituer un signal encourageant pour la croissance future de l’emploi.

 

L’importance d’une croissance globale

Selon Mme Chisholm, une grande partie de la croissance récente de l’emploi s’est concentrée dans la fonction publique, les soins de santé et l’éducation, tandis que plusieurs autres secteurs de l’économie ont enregistré une croissance relativement limitée. L’amélioration récente des indicateurs d’embauche pourrait annoncer un élargissement de la croissance de l’emploi à un plus grand nombre de secteurs et d’entreprises. Un contexte où les embauches sont plus largement réparties pourrait indiquer que le marché du travail est moins concentré dans un nombre restreint de secteurs.

 

Ce que la Réserve fédérale américaine surveille

Le marché du travail demeure un facteur déterminant pour la Réserve fédérale américaine (« Fed », qui doit concilier son double mandat de plein emploi et de stabilité des prix. Selon notre experte, le ralentissement continu de la croissance des salaires observé dans l’ensemble de l’économie pourrait signifier que le marché du travail comporte davantage de capacités inutilisées que ne le laissent croire les chiffres. Les données actuelles indiquent qu’un important regain de l’inflation est moins probable que ce que plusieurs pourraient supposer. À son avis, une croissance négative du revenu réel pourrait limiter considérablement le potentiel d’accélération de l’inflation. En ce qui concerne la politique monétaire, Mme Chisholm fait remarquer que les décideurs continuent de débattre de la bonne voie à suivre. Le maintien d’un ton relativement ferme pourrait, à son avis, contribuer à préserver la crédibilité de la Fed, pendant que les décideurs continuent d’évaluer les récentes données.

 

Le pétrole pourrait comporter moins de risque qu’on ne le craint

Bien que les développements géopolitiques puissent alimenter l’incertitude, Mme Chisholm souligne que les marchés s’adaptent souvent plus rapidement que prévu et qu’ils ont peut-être déjà intégré une bonne partie des craintes entourant la hausse des prix du pétrole. Elle mentionne notamment l’augmentation de la production au sein de l’OPEP et le développement de pipelines aux Émirats arabes unis comme des facteurs susceptibles d’atténuer les contraintes en matière d’approvisionnement au fil du temps. De façon plus générale, elle observe que les relations commerciales et les alliances économiques mondiales continuent d’évoluer, même si leur incidence demeure incertaine.

 

Un retour sur le momentum

Des questions ont émergé à propos des meneurs du marché, à savoir leur situation s’apparente aux périodes marquées par un enthousiasme excessif, notamment vers la fin de l’ère de la bulle Internet. Notre experte a examiné ces préoccupations sous l’angle de l’investissement axé sur le momentum. Bien que les stratégies fondées sur ce facteur aient affiché de solides résultats au cours des derniers mois, elle souligne que, dépendamment de la façon dont il est mesuré, le momentum a traversé une période plus difficile pendant une bonne partie des cinq à sept dernières années. Par conséquent, la vigueur récente pourrait davantage s’apparenter à une période de rattrapage qu’à une euphorie généralisée sur le marché. Même si la volatilité peut augmenter lorsque les marchés sont portés par le momentum, Mme Chisholm indique qu’elle ne voit pas actuellement les conditions anormales ou euphoriques qui ont caractérisé certains épisodes extrêmes des cycles précédents.

 

Conclusion : prendre en compte plus d’un indicateur économique

Bien que l’incertitude persiste, un ensemble plus large d’indicateurs du marché du travail pourrait indiquer une amélioration des conditions d’emploi. Parallèlement, l’inflation, la politique monétaire, le secteur de l’énergie et les meneurs du marché demeurent des facteurs importants qui continueront d’influencer les perspectives économiques et boursières.