Pourquoi la diversification mondiale revient au premier plan d’après David Wolf – 12 février 2026
David Wolf, gestionnaire de portefeuille, a discuté du plus récent livre blanc de l’équipe de répartition mondiale de l’actif, Cinq questions pour 2026. Il a expliqué comment l’évolution de la situation géopolitique, la dynamique de l’inflation et les facteurs fondamentaux du marché redéfinissent la structure des portefeuilles, en insistant notamment sur le rôle changeant des marchés américains, le regain d’intérêt pour les marchés hors des États-Unis et les répercussions sur le plan de la diversification.
Voici quelques-uns des sujets abordés.
Réévaluation de l’exceptionnalisme des marchés américains
M. Wolf estime qu’il s’agit d’un moment décisif pour ce qui a longtemps été perçu comme l’exceptionnalisme des marchés américains. Après des années de surperformance, les États-Unis en sont venus à représenter environ 73 % de la capitalisation boursière mondiale. Cette position dominante, soutenue par des bénéfices solides, la confiance des marchés et les attentes de baisses d’impôt et d’allègements de la réglementation, a coïncidé avec une période que M. Wolf et son équipe qualifient de « sommet de l’exceptionnalisme américain ».
M. Wolf a évoqué des inquiétudes concernant l’érosion de piliers fondamentaux, comme l’état de droit, les droits de propriété et la prévisibilité de la gouvernance, qu’il considère comme des éléments ayant historiquement étayé la dominance des marchés américains. En réaction, l’équipe de répartition mondiale de l’actif de Fidelity a agi rapidement, en vendant pour environ 15 milliards de dollars d’actions des États-Unis, de titres à revenu fixe et de placements en dollars américains, et en réaffectant le capital hors des États-Unis. Cela s’est notamment traduit par une liquidation complète des effets du Trésor américain au cours de l’année dernière.
Fait important, M. Wolf a noté que les marchés des États-Unis ont continué de produire de bons rendements en chiffres absolus. Cependant, d’un point de vue relatif, l’équipe estime que les occasions futures pourraient de plus en plus se trouver ailleurs.
Canada : de la sous-pondération persistante à un portrait plus équilibré
Le Canada a longtemps été sous-pondéré dans les portefeuilles de Fidelity, une position qui, selon M. Wolf, est en place depuis environ 12 ans. Or, cette position a changé récemment. Reconnaissant les défis économiques persistants, notamment les pressions sur le marché de l’habitation, l’endettement élevé des ménages et la faible croissance, M. Wolf a souligné plusieurs facteurs à l’appui d’une perspective plus équilibrée.
Les marchandises, en particulier l’or, sont l’un des principaux moteurs. Fidelity détient de l’or physique depuis des années à titre de facteur de diversification; la concentration relativement élevée des actions liées à l’or au Canada a permis de tirer parti de la hausse des prix du métal jaune. M. Wolf a souligné les premiers signes d’une réorientation des politiques au Canada, notamment l’accent accru sur les investissements dans les infrastructures, la réduction des barrières commerciales interprovinciales et la recherche d’occasions commerciales au-delà des États-Unis.
Ensemble, ces développements ont amené l’équipe à mettre fin à sa sous-pondération de longue date et à ramener le Canada à une pondération plus neutre.
Un paysage mondial plus fragmenté
M. Wolf a expliqué comment le contexte géopolitique mondial s’est transformé en une structure plus multipolaire. Comparativement à la période qui a suivi la pandémie, les alliances et les relations commerciales semblent moins prévisibles, car la dynamique change entre les États-Unis, l’Europe, sur fond de tensions géopolitiques persistantes.
Cette incertitude accrue complique les cadres de placement traditionnels qui reposent sur des politiques stables et des relations économiques prévisibles. Par conséquent, M. Wolf a insisté sur l’importance d’être flexible et de réévaluer l’incidence des développements géopolitiques sur la croissance, l’inflation et le rendement des actifs.
Inflation, marchandises et protection du portefeuille
L’inflation demeure un thème central. M. Wolf a soutenu que la démondialisation, la restructuration de la chaîne d’approvisionnement et la concurrence géopolitique ont rendu l’économie mondiale moins efficace et plus coûteuse, ce qui a exercé des pressions inflationnistes persistantes. En même temps, la concurrence pour les ressources a soutenu la hausse des prix des marchandises.
Fidelity a anticipé cette dynamique plus tôt dans le cycle, lançant un fonds axé sur l’inflation en 2021 (le Fonds Fidelity Gestion de l’inflation). Le rendement du Fonds, soutenu par les placements dans les marchandises et l’or, vient confirmer le point de vue de M. Wolf selon lequel les risques inflationnistes pourraient demeurer élevés.
Politique monétaire et évolution du rôle des titres à revenu fixe
La discussion a également porté sur la politique monétaire américaine et la nomination possible de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale américaine (la Fed). Si ce dernier est reconnu pour son approche résolument belliciste en matière d’inflation et de taux d’intérêt, l’évolution des politiques demeure entourée d’une grande incertitude, en raison des pressions politiques accrues et du niveau élevé de la dette publique américaine.
En ce qui concerne les portefeuilles, M. Wolf a souligné les défis que pose la répartition des titres à revenu fixe traditionnels. Les obligations sont devenues plus corrélées avec les actions, ce qui a réduit leur efficacité en tant que facteur de diversification. Par ailleurs, la forte émission de dette par les gouvernements et les sociétés, notamment pour financer les infrastructures liées à l’intelligence artificielle (IA), pourrait nécessiter des taux de rendement plus élevés pour attirer les acheteurs.
Pour remédier à ce problème, Fidelity a diversifié ses placements défensifs, en incluant les titres de créance en monnaie locale des marchés émergents. M. Wolf a expliqué que pour les investisseurs et investisseuses du Canada, ces placements peuvent offrir des rendements attrayants avec une volatilité des devises inférieure, tout en contribuant de manière significative aux rendements des portefeuilles.
Conclusion : arguments en faveur de la diversification
M. Wolf est revenu sur des échanges avec des conseillers et conseillères qui doutaient de l’utilité d’une diversification internationale. Selon lui, la dernière année a clairement rappelé l’importance d’investir au‑delà des États‑Unis. Bien que les actifs américains continuent de jouer un rôle central dans les portefeuilles, il est d’avis qu’une diversification plus large entre les régions et les catégories d’actifs peut aider à gérer le risque et à saisir les occasions dans un contexte mondial plus complexe.