50/15/5 : une règle générale pour gérer l’épargne et les dépenses

50/15/5 : une règle générale pour gérer l’épargne et les dépenses

En bref
  • La règle 50/15/5 est une règle générale en matière d’épargne et de dépenses facilitant l’atteinte de ses objectifs financiers.
  • Elle consiste à consacrer 50 % de son salaire net aux dépenses essentielles, 15 % pour l’épargne-retraite et 5 % sous forme d’économies à court terme pour les dépenses imprévues.
  • Après l’application de cette règle, l’argent restant peut servir pour atteindre des objectifs à court terme, rembourser des dettes et couvrir des dépenses non essentielles.
  • Il est nécessaire de mettre régulièrement son plan d’épargne à jour à mesure que sa situation personnelle évolue.

En ce qui concerne la gestion de vos finances, il est important d’élaborer un budget mensuel couvrant l’épargne et les dépenses. Une approche simple consiste à suivre la règle 50/15/5 afin de gérer ses dépenses tout en progressant vers ses objectifs à long terme, comme la retraite. Voici ce qu’il faut savoir.

Dans cet article

Quelle est la règle 50/15/5 et pourquoi l’utiliser?

La règle 50/15/5 est une règle générale en matière d’épargne et de dépenses visant à maintenir la stabilité financière tout en épargnant pour l’avenir. Voici comment procéder :

  • 50 % du salaire net sert à couvrir les dépenses essentielles;
  • 15 % du salaire brut est consacré à l’épargne-retraite;
  • 5 % du salaire net est destiné à l’épargne à court terme pour les dépenses ponctuelles.

La hausse des coûts peut rendre plus difficile le fait d’épargner : ainsi, de nombreuses personnes se retrouvent coincées entre les dépenses et les économies. Cette approche permet d’établir une structure dans un contexte financier imprévisible et de mieux contrôler la façon d’utiliser son argent.

Comment appliquer la règle 50/15/5 à votre chèque de paie

Ce que signifie consacrer 50 % aux dépenses essentielles

Les dépenses essentielles représentent les coûts incompressibles nécessaires au maintien du niveau de vie de base. Cela comprend les éléments suivants :

  • Logement : hypothèque, loyer, impôt foncier, services publics (électricité, eau), assurance habitation pour propriétaire ou locataire et frais de copropriété.
  • Alimentation : les frais d’épicerie considérés comme essentiels, contrairement aux sorties au restaurant.
  • Transports : frais de transport en commun, prêts ou baux automobiles, frais de carburant, assurance automobile, frais d’entretien (comme les vidanges), frais de péages et de stationnement.
  • Soins de santé : les frais médicaux non remboursés, comme les ordonnances et les appareils médicaux.
  • Garde d’enfants : les frais de garde et de soins et tout autre coût lié à la prise en charge de ses enfants.
  • Habillement : certains vêtements, que ce soit pour vous ou vos enfants, sont jugés nécessaires. Par exemple, s’il est nécessaire de remplacer des chaussures ou des vestes informes ou usagées.
  • Remboursements de dette : tenir compte, dans les 50 %, des paiements de cartes de crédit, de prêts automobiles, de prêts étudiants, de marges de crédit et de tout autre type de dettes.

Bien que ces dépenses soient essentielles, il existe des façons d’optimiser son argent en réduisant les coûts dans certains domaines. Par exemple, une bonne stratégie serait d’acheter des articles en solde en faisant les courses et de faire l’acquisition de nouvelles chaussures d’hiver en fin de saison. Quant aux frais de transport, il est possible de les réduire en privilégiant les transports en commun, une voiture plus économique ou le covoiturage en cas de déplacement en groupe.

Si vos dépenses essentielles dépassent largement 50 %, il faudrait envisager des changements plus drastiques, comme déménager dans une maison plus petite ou dans un logement au loyer moins élevé.

De ces 15 % consacrés à l’épargne-retraite, combien devriez-vous cotiser à un REER?

Le montant nécessaire à la retraite dépend de plusieurs facteurs, comme les sources de revenu après la cessation d’activité, l’accès à un régime de retraite d’entreprise et le mode de vie envisagé. Selon le Rapport 2025 de Fidelity sur la retraite, les personnes préretraitées estiment qu’un revenu annuel de 93 300 $ leur permettrait de vivre confortablement, ce qui suppose une épargne entre 1,14 et 1,42 million de dollars (selon les taux de retrait).

La retraite peut sembler lointaine, mais il est important de commencer à épargner bien avant le retrait de ses économies. En effet, plus vous commencez à investir tôt, plus votre argent aura le temps de prendre de la valeur. Même cotiser une petite somme chaque mois permet à votre épargne-retraite de profiter pleinement de l’effet de la capitalisation, ce qui peut réduire la pression de devoir épargner davantage plus tard dans la vie.

Le régime enregistré d’épargne-retraite (REER) est un instrument d’épargne-retraite populaire au Canada. Les cotisations donnent droit à une déduction fiscale et les revenus de placement sont non imposables jusqu’au moment du retrait. Cela peut réduire votre revenu imposable actuel tout en faisant augmenter votre épargne-retraite. 

 

S’il n’est pas possible actuellement de cotiser 15 %, l’une des façons d’y parvenir est d’avoir recours à des comptes d’épargne d’employeurs. En effet, certains employeurs offrent des cotisations de contrepartie à un REER collectif ou à un régime de retraite, ce qui peut s’avérer utile pour atteindre ou même dépasser l’objectif de cotisation de 15 %.

Étant donné que le montant varie selon les régimes, un bon point de départ serait de verser des cotisations équivalentes pour avoir droit aux cotisations correspondantes de l'employeur, puis de verser une somme supplémentaire, par exemple à la suite d’une augmentation de salaire ou d’une prime, dans un régime d’employeur ou un REER individuel.

 

Épargner 5 % à court terme : Fonds d’urgence ou dépenses ponctuelles

Mettre de côté 5 % pour constituer une réserve à court terme peut contribuer à offrir une protection financière pour les dépenses imprévues. En économisant cette part de votre salaire, vous aurez un point de départ pour créer un fonds d’urgence. Ce fonds vous permettrait de subsister dans le cas où un événement malheureux comme la perte d’un emploi ou une maladie longue se produirait. Une bonne règle générale consiste à mettre suffisamment d’argent de côté pour couvrir six mois de dépenses essentielles.

Des dépenses à court terme peuvent également survenir, par exemple pour assister au mariage d’un ami ou pour remplacer un téléphone cellulaire brisé. D’autres petites dépenses sont souvent négligées, entre autres des activités, des cadeaux lors d’occasion spéciales, des petites réparations automobiles et des costumes d’Halloween. Bien qu’il puisse s’agir de dépenses modiques, elles peuvent s’accumuler au fil du temps et compromettre vos objectifs à long terme si vous ne prévoyez pas de budget à cet effet. Une fois le fonds d’urgence constitué, le moment est venu de mettre 5 % de côté pour régler ces coûts.

L’une des façons d’y parvenir est de transférer automatiquement 5 % de son chèque de paie dans un compte fiscalement avantageux, tel qu’un compte d’épargne libre d’impôt (CELI), ce qui aide à avancer de façon constante vers ses objectifs tout en profitant de gains et de retraits non imposables. De plus, ce compte vous offre la flexibilité d’accéder à vos économies en ayant la possibilité d’effectuer des retraits à tout moment. 

Que faire si l’on ne peut pas suivre à la lettre la règle 50/15/5?

  • Si les dépenses essentielles dépassent 50 % – Il peut être difficile de consacrer moins de la moitié de son salaire net à ses besoins fondamentaux, en particulier dans les villes très peu abordables. Mettez l’accent sur ce que vous pouvez contrôler pour atteindre l’objectif de 50 %, mais ajustez votre répartition si cela s’avère nécessaire. L’important est de gérer les coûts essentiels et pas de les éliminer.
  • Si épargner 15 % semble hors de portée – Ce pourcentage peut sembler important, surtout si les dépenses essentielles augmentent. Commencez avec un objectif plus petit en consacrant plutôt 5 % à 10 % de votre salaire à votre épargne-retraite. Il sera toujours possible d’augmenter vos cotisations à mesure que votre revenu augmente ou si vous recevez une prime. Privilégier le versement de cotisations équivalentes à celles de votre employeur peut être un bon point de départ.
  • Si l’épargne à court terme fait défaut : Visez un petit objectif pour constituer un fonds d’urgence et veillez à la constance avant d’augmenter le montant à épargner.

Il est important de se rappeler que la règle 50/15/5 n’est qu’une ligne directrice et non une formule fixe. Les répartitions peuvent être ajustées en fonction du revenu, du niveau de vie et des objectifs financiers. Par exemple, en début de carrière, on peut être davantage porté à rembourser ses dettes et à vouloir un accès flexible à son épargne. À un stade plus avancé de sa carrière, l’attention se tourne souvent plus vers l’épargne-retraite.

Que faire s’il reste de l’argent après avoir appliqué la règle 50/15/5?

Il pourrait vous rester de l’argent une fois que vous ayez appliqué la règle 50/15/5, surtout avec votre progression de carrière qui s’accompagne d’une augmentation de revenu. Voici trois façons de l’utiliser :

  1. Commencez par rembourser les dettes à taux d'intérêt élevé. Éliminer en priorité les dettes à taux d’intérêt élevé peut vous aider à libérer plus d’argent à long terme et à atteindre vos objectifs.
  2. Épargnez pour vos objectifs à court terme. Au-delà de la retraite, vous pourriez avoir des objectifs à court terme pour lesquels vous souhaitez commencer à épargner, comme financer des vacances, une nouvelle voiture ou une première maison.
  3. Établissez un budget pour les dépenses non essentielles. Il est important de mettre de l’argent de côté chaque mois pour les activités que vous aimez, comme les sorties au restaurant, le magasinage, les divertissements (films, concerts, etc.) et d’autres choses non essentielles.
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En faire l’essai

En résumé

La règle 50/15/5 est très utile dans le sens qu’elle permet de s’assurer que les dépenses essentielles sont couvertes tout en permettant de progresser vers des objectifs à long terme, comme la retraite. Néanmoins, il ne s’agit là que d’un point de départ. Il reste en effet nécessaire de revoir son plan régulièrement, par exemple avec l’aide d’un conseiller ou d’une conseillère, et d’ajuster les répartitions en matière d’épargne et de dépenses en fonction de l’évolution de sa situation financière.

FAQ

La règle 50/15/5 n’est-elle pas la même chose que le budget 50/20/30?

L’idée est la même, mais la répartition des dépenses et de l’épargne diffèrent légèrement. Dans les deux cas, vous consacrez 50 % de votre salaire net aux dépenses essentielles. Par contre, le budget 50/20/30 prévoit que 20 % sont consacrés prioritairement à la dette et à l’épargne et 30 % aux dépenses non essentielles.

Le budget 50/15/5 est-il toujours applicable en cas d’évolution des revenus ou de hausse des dépenses?

Il est toujours possible de suivre la règle 50/15/5 lorsque votre situation financière change. Toutefois, les répartitions devront certainement être ajustées en conséquence. Par exemple, si vous déménagez dans un appartement plus grand au loyer plus élevé, vous devrez peut-être réduire vos économies à court terme ou ajuster d’autres coûts essentiels, comme votre budget d’épicerie. 

À quelle fréquence dois-je revoir les catégories de dépense de mon budget?

Quel que soit votre niveau de revenu ou votre situation financière globale, vous devriez régulièrement passer votre plan en revue selon une fréquence dépendant de l’évolution de votre situation. Si aucun changement n’est intervenu, une seule révision par an suffira. Au contraire, si d’importants changements ont eu lieu comme la naissance d’un enfant ou l’achat d’une propriété, il sera sans doute nécessaire de revoir plus souvent vos répartitions. 

Quel montant faut-il épargner tous les mois pour vivre une retraite confortable?

Cela dépendra de plusieurs facteurs, comme vos objectifs de retraite, le moment où vous comptez prendre votre retraite et les sources prévues de revenus. À cet égard, un conseiller ou une conseillère en placements peut s’avérer utile afin d’élaborer un plan en fonction de votre situation personnelle.