Des occasions au-delà de la concentration du marché : analyse de Jurrien Timmer – 27 juillet 2026

Des occasions au-delà de la concentration du marché : analyse de Jurrien Timmer – 27 juillet 2026

Le marché pourrait entrer dans une nouvelle phase. Selon Jurrien Timmer, directeur en chef, Macroéconomie mondiale chez Fidelity, l’ère où une poignée de géants technologiques à très grande capitalisation dominait le marché pourrait céder la place à un éventail d’occasions plus vaste. Bien que les bénéfices et les dépenses liées à l’intelligence artificielle (IA) demeurent au centre des préoccupations, il estime que la concentration du marché, les taux d’intérêt et le rôle croissant du revenu seront des thèmes importants à surveiller.

 

Voici quelques-uns des sujets abordés.

Le risque lié à la concentration demeure un enjeu majeur pour les marchés

La concentration du marché constitue depuis longtemps l’une des principales préoccupations de M. Timmer. Les dix principaux titres représentent maintenant environ 40 % de la capitalisation boursière totale, tandis que les 50 principaux constituent environ 60 %. Le poids des sept magnifiques est passé d’environ 37 % à près de 32 % de l’indice. Cette concentration a récemment été mise en évidence lorsque le groupe des sept magnifiques a reculé d’environ 5 % en une seule journée. Compte tenu de la taille de ces sociétés, des fluctuations de cette ampleur peuvent avoir une grande incidence sur le rendement global de l’indice. Cela dit, le leadership du marché a commencé à s’élargir. Les plus grands titres technologiques n’ont pas constamment atteint de nouveaux sommets depuis novembre dernier, tandis qu’environ les deux tiers des titres demeurent dans une tendance haussière. Au cours des trois derniers mois, l’indice S&P 500 Equal Weight a devancé les sept magnifiques de 11 points de pourcentage.

 

Un marché plus large peut signifier moins de bêta, mais plus d’occasions

Si la période de concentration est en train d’atteindre son point culminant, M. Timmer croit que le marché pourrait produire moins de bêta, c’est-à-dire moins de rendement attribuable au rendement global du marché, tout en créant plus d’occasions grâce à la sélection des titres. L’une des raisons est l’évolution de la répartition du capital. Bon nombre des géants technologiques affectent davantage de liquidités aux dépenses en immobilisations liées à l’IA et moins aux rachats d’actions. Même si M. Timmer ne considère pas ces dépenses comme intrinsèquement négatives, il note que les rachats offrent un résultat plus certain aux actionnaires, tandis que les rendements des grands projets d’investissement sont moins prévisibles. Cette incertitude est l’une des raisons pour lesquelles les commentaires des sociétés sur les dépenses en IA et les budgets d’immobilisations font l’objet d’une attention particulière pendant la période de déclaration des bénéfices.

 

Les taux d’intérêt demeurent un risque important

Les taux d’intérêt demeurent une autre considération importante pour les marchés. Les taux obligataires dans de nombreux marchés développés se situent à leur sommet cyclique ou s’en approchent, les taux des obligations du Trésor américain à 10 ans ayant dépassé le seuil de 4,55 %, que M. Timmer considère comme une zone de risque. Les prix du pétrole plus élevés sont devenus un facteur supplémentaire qui a une incidence sur les attentes du marché. Bien que la Réserve fédérale américaine ne puisse pas agir directement sur les chocs liés à l’offre énergétique, elle pourrait tout de même devoir intervenir si les attentes inflationnistes commencent à dériver. M. Timmer a comparé la conjoncture à celle de 2022, où les taux se sont rajustés malgré la vigueur de l’économie et le contexte favorable des bénéfices. Bien qu’il ne s’attende pas à un recul d’une ampleur similaire, il croit qu’il pourrait y avoir des contrecoups plus limités si les taux plus élevés continuent de faire pression sur les valorisations.

 

Pourquoi les tendances en matière de distributions sont importantes

M. Timmer évalue souvent les occasions au moyen d’un modèle d’actualisation des flux de trésorerie, en mettant l’accent sur la part des bénéfices retournée aux actionnaires au moyen de dividendes et de rachats. Selon cette approche, il a fait remarquer que de nombreux marchés mondiaux affichent des taux de croissance des distributions autour de 15 % et des ratios de distribution variant entre 70 % et 80 %. Les sept magnifiques sont l’exception, avec un ratio de distributions qui a chuté à environ 37 %, car plus de liquidités sont consacrées aux dépenses en immobilisations. Le Canada s’est démarqué dans l’analyse de M. Timmer, avec un taux de croissance annuel composé des distributions de 17 % et un ratio de distribution proche de 90 %. Il a également souligné que les produits financiers, l’industrie, les ressources naturelles et l’énergie sont des secteurs qui méritent d’être surveillés.

 

Les arguments en faveur de la gestion active

Au cours de la majeure partie de la dernière décennie, les rendements des marchés ont été tirés par un petit groupe d’actions de croissance des États-Unis à très grande capitalisation. Les stratégies positionnées ailleurs ont souvent eu du mal à suivre le rythme. Cette dynamique pourrait être en train de changer. Par le passé, les rendements du marché ont été soutenus par l’appréciation des cours et le revenu. Au cours des dix dernières années, les hausses des cours ont été le principal moteur des rendements. Si le leadership du marché continue de s’élargir, M. Timmer s’attend à ce que les revenus jouent un rôle plus important dans les rendements futurs. À son avis, il faudra peut-être regarder au-delà des grands indices boursiers.

 

Les bénéfices seront un test déterminant

Les attentes à l’approche de la période de déclaration des bénéfices sont déjà élevées. Les prévisions de croissance des bénéfices s’établissaient à environ 24 % au début du trimestre, soit un point de départ plus élevé que le trimestre précédent. Même si M. Timmer s’attend à ce que les bénéfices demeurent solides dans l’ensemble, il croit que l’attention demeurera concentrée sur les commentaires des sociétés sur les investissements dans l’IA et les plans de dépenses en immobilisations futurs.

 

Conclusion : occasions au-delà de la concentration du marché

M. Timmer suggère que les marchés pourraient s’éloigner d’une ère dominée par une poignée d’actions et s’orienter vers un ensemble d’occasions plus large. Il reste à voir si ce changement s’avérera durable. Pour l’instant, les principaux domaines d’intérêt sont les bénéfices, les taux obligataires et les commentaires des sociétés sur les dépenses en IA et les budgets d’immobilisations. Ensemble, ces facteurs pourraient aider à déterminer si le leadership du marché continue de s’étendre au-delà des plus grandes sociétés technologiques.